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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 21:56

http://www.gazetteinfo.fr/2012/10/23/karl-olive-dfco-le-football-francais/

 

Dans une tribune parue dans le magazine Surface Magazine, Karl Olive pointe du doigt la politique de formation du football français, autrefois école de la vie, et aujourd’hui coupable à ses yeux des récentes dérives observées chez les Bleus. Entretien avec un directeur de la communication du DFCO qui ne mâche pas ses mots.



GazetteINFO.fr : Qu’est-ce qui a motivé l’écriture de cette tribune ? C’est un coup de gueule ? 

Karl OLIVE : Ce n’est pas un coup de gueule mais plutôt la réalité du football de ces vingt dernières années. Je tire une sonnette d’alarme.



À partir de quelle époque le football a-t-il dérivé ? Quels ont été les poisons du football ? 

Dans le titre de ma tribune, je dis : « Avant on formait des hommes, mais ça c’était avant ». Avant, on formait des footballeurs auxquels on donnait des valeurs, on insufflait des messages d’éducation et de respect. Quand on prend des joueurs dans les années 1980 comme Maxime Bossis, Marius Trésor, Michel Platini, jusqu’à des champions du monde tels que Didier Deschamps ou Lilian Thuram, on parle de bons footballeurs qui ont une éthique certaine. Depuis le titre de champion du monde et après l’arrêt Bosman, on a connu un embrasement complet des salaires des footballeurs. Un jeune de 18 ans peut aujourd’hui toucher un salaire que le tout à chacun n’aura jamais en dix vies… 



Vous pointez du doigt le rôle des centres de formation qui négligent l’éducation scolaire, obnubilés par les performances physiques. Les centres de formation ne tiennent pas leur rôle ? 

Aujourd’hui, on est focalisé sur les retours immédiats d’investissement. Si on ne prête pas attention à conserver les valeurs de citoyen, et qu’on ne forme que des machines à jouer au football, on en arrive à des scénarii inimaginables comme en Afrique du Sud avec l’affaire du bus, ou comme en 2012 où des joueurs se permettent d’insulter des journalistes. Nous avons été la risée du monde. On marche sur la tête ! On part à la dérive, donc il faut mettre le « halte là » ! Ça passe par une éducation draconienne dans les centres de formation dès le plus jeune âge. 


« Avant, on formait des hommes… »


Lors de sa prise de fonction, Didier Deschamps a parlé de ses joueurs tel un professeur d’école. Fera-t-il un meilleur professeur que Laurent Blanc ? 

En plus d’être un coach, il doit être quelqu’un qui doit inculquer de l’éducation civique… J’ai particulièrement apprécié les premiers mots de Didier Deschamps en tant que sélectionneur, Si le joueur n’a pas l’esprit, il ne le gardera pas. Je pense que ça, c’est plus important qu’une qualification en coupe du monde. S’il faut perdre quatre ans footballistiquement, pour en gagner dix dans les vertus du footballeur retrouvées… Il ne faut pas s’asseoir sur les valeurs du sport. Aimé Jacquet ou Michel Hidalgo avaient en face d’eux des footballeurs qui avaient et la tête et les jambes. 



Dans votre tribune, vous déclarez : « Demander à un footballeur d’aligner deux phrases correctement est aussi compliqué que de demander à un Prix Goncourt de faire trois jongles d’un seul pied ! » Rassurez-nous, il existe des exceptions ? 

Évidemment qu’il y a des exceptions. Il n’est pas question de généraliser. Je vais prendre l’exemple de Dijon. Je suis ravi de voir que dans ce club, on apprend à dire « bonjour, au revoir, merci », que l’heure c’est l’heure, qu’on ne se trimbale pas avec une casquette vissée sur la tête pour répondre à un journaliste, qu’on l’enlève quand on salue un dirigeant ou un partenaire du club… Ça fait plaisir.

« L’argent n’explique pas tout »


Les jeunes joueurs font-ils toujours du football pour le plaisir, ou l’argent est-il, là encore, devenu leur seul leitmotiv ? 

Les joueurs ne sont pas aveugles. Ils savent où est leur intérêt. Et leur intérêt se trouve plus à négocier un meilleur contrat que d’apprendre à dire « bonjour » ou « merci ». L’argent est le problème central, mais il n’explique pas tout. C’est vrai, beaucoup sont obnubilés par ça. Et ça ne les dérange pas de faire des gestes déplacés alors que les noms des partenaires de leur équipe apparaissent sur leur tenue. C’est une dévalorisation de l’image du club. 



Les médias n’ont cessé de critiquer les footballeurs pendant les Jeux olympiques. Ne sont-ils pas, eux aussi, parmi les principaux responsables de ces dérives ? 

L’image du footballeur est d’autant plus détériorée que face à elle, on a un nageur tel que Yannick Agnel qui dégage une image très saine, c’est une espèce de cure de jouvence…  Quelques jours après avoir reçu de la boue en plein visage, ça marque ! Je me mets à la place des médias… Si le footballeur se focalise sur le foot et l’image de son métier, alors il y aura moins de journalistes dont le métier sera d’aller chercher l’information qui fâche. Vous savez, on ne parle que très rarement des trains qui arrivent à l’heure. 



Dernièrement, certains sportifs ne se sont pas révélés sous leur meilleur jour… Le virus qui touche le football peut-il atteindre les autres sports ? 

Tant que ces sports ne sont pas gagnés par l’argent à tout va, ils resteront préservés. Mais l’appât du gain n’exclut pas quelques erreurs de parcours, comme on a pu le voir au handball (l’affaire des paris à Montpellier). Cela existe également en politique.

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Published by Karl OLIVE - dans Sport
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