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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 20:57

 

Dans quelques jours, nous replongerons dans les coulisses de la coupe du monde en Espagne, trente ans tout juste après son édition.

Karl Olive signe son 8ème ouvrage aux éditions « Hugo et Compagnie » avec à la clé le DVD officiel de la coupe du monde

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Préface

Place des grands hommes

Comprendre Hidalgo, c’est le regarder dans les yeux.  Un bleu pétillant, sensible et séducteur. Un bleu qui  colle à la peau, aujourd’hui comme hier, comme un polo rayé, -façon Racing- et un short –façon vintage- qui giclent devant la caméra un jour ensoleillé à Valladollid, été 82, le 21 juin. Cet après-midi là, le sélectionneur tricolore, réputé pour sa courtoisie et son phrasé à nul autre pareil,  explose au nez et à la barbe d’un cheick koweitien, majestueux et hautain, qui a entendu un coup de sifflet venu d’ailleurs comme d’autres entendent des voix.  Hidalgo entre dans l’histoire à sa manière : le coq en serait sorti du maillot.  Les Bleus ne tarderont pas à le suivre quelques jours plus tard contre les  solides gaillards de RFA.

Au moment où s’ouvre le mondial en Espagne, Michel Hidalgo, alors âgé de 49 ans,  a  déjà quatre année « de France » à son compteur.  Adjoint-relai de Stefan Kovacs de 1970 à 1976, l’ancien joueur du Stade de Reims, buteur lors de la première finale de la coupe d’Europe des clubs champions perdue contre le Réal Madrid, est propulsé en lieu et place de l’esthète roumain. Avec la bénédiction d’un certain Fernand Sastre, président emblématique d’une fédération qu’il entend dépoussiérer après près de vingt ans de disette. 

La relation Sastre-Hidalgo est pour beaucoup dans la métamorphose de l’équipe de France du début des années quatre-vingts : comme son président, le sélectionneur normand a un rayonnement incontestable, une droiture rare. Il est un homme sans reproche, épris de justice.  Et si parfois, la fonction fait l’homme, alors chez Hidalgo, … c’est juste une évidence.

S’opposant au football total de Kovacs (tout le monde attaque, tout le monde défend) et au combat physique (la victoire d’une rencontre passe par les victoires des duels), Michel Hidalgo prône un retour à la spécialisation des rôles : les défenseurs défendent, les attaquants attaquent, et la manière accompagne les succès.  Insistance sur la technique et le jeu en mouvement, aux transmissions courtes, nouvelle identité du football  en bleu, blanc, rouge.  Priorité aux qualités individuelles par rapport à un système de jeu définitif. La  « réhabilitation » du joueur français ne tarde pas à séduire une jeune génération au caractère bien trempé : Giresse, Rocheteau, Tigana, Bossis, Genghini, Platini… C’est la révolution tranquille.

« Hidalgo a très vite compris que nous étions de grands garçons. On ne venait pas en équipe de France pour apprendre à jouer au football mais pour reproduire ce que nous faisions en championnat. C‘est pour cette raison que Michel s’appuyait sur une ossature de club. Les Stéphanois en 1976, les Bordelais en 1982… Contrairement à une majorité de coach de l’époque, Michel a eu l’intelligence de nous laisser nous épanouir dans un cadre qu’il fixait avec les joueurs. Le sens du partage a été sa principale force. Elle confinait à une forme d’autogestion qui convenait au plus grand nombre ». L’hommage est signé Michel Platini.

 Une liberté sur le terrain et une faculté à toujours positiver, soir de victoires comme soir de défaites: « Quand cela ne sourit pas, mon rôle est de « renarcissiser » mes garçons en insistant sur leurs capacités plutôt qu’en analysant leurs faiblesses ».  Tout tourne autour de notions de groupe, d’équipe, de solidarité, d’unité, de dialogue, de plaisir de jeu, de responsabilité et de développement personnel.  Les Bleus adhèrent. L’union fait les victoires.

Reste la communication. Le faire-savoir d’Hidalgo en réponse au savoir-faire des sélectionnés. Sa disponibilité vis-à-vis de la presse est qualifiée d’inouïe par les experts de l’époque, Gérard Ernault, patron de la rédaction de l’équipe, en tête.  Sorte d’antidote pour protéger les siens. L’homme effacé qu’il était jusqu’en 1976 réussit à « apprivoiser » les médias au fil de son bail avec l’équipe de France. Au point de devenir un homme de communication recherché par toutes les chaînes de télévision pour les émissions sportives et culturelles. Le personnage Hidalgo dépasse le cadre du football en raison même de son message. Toutes ses conférences de presse et ses causeries sont préparées avec grand soin, avec le souci de l’image et d’accroches qui font mouche.

1978 en Argentine, 1982 en Espagne, 1984 en France. Les trois grands travaux du vénérable Hidalgo ont façonné l’histoire du football français. Avec une saveur particulière pour ce mondial en Espagne et cette nuit de Séville à jamais gravée dans les mémoires.

De ce mois passé derrière les Pyrénées, Michel Hidalgo a tout gardé. Précieusement. Comme un pavé mosaïque. Toutes ses causeries, tous ses discours. Depuis le stage à Font-Romeu jusqu’au match pour la troisième place contre la Pologne. Des documents rares où l’humanisme prend toute sa mesure. Avec une modernité déconcertante que vous savourerez au fil de ces pages.

Les carnets secrets de Michel Hidalgo ont traversé le temps et les coupes du monde comme la génération Platini a  marqué l’histoire.  Place des grands hommes.

 

 

 

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Published by Karl OLIVE - dans Sport
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